DANS LE JARDIN DE MON PERE

de et par Claude Guerre

 

C’est un homme et sa peine incompressible. La mort l’appelle au Pays où il fait retour avec le train. Un gardien l’interpelle aux portes du jardin, c’est le doux Jésus sur sa croix. Il connaît alors qu’il est un Ulysse éternel voyageur cosmopolite. Il entre enfin au jardin, met l’être aimée en terre, s’enfuit dans la montagne, se fond dans le granite et disparaît. Et alors, de l’autre côté de la mort, il le voit son pays, ce jardin de son père, la géographie vivante de sa naissance. Dans la maison du bord de l’eau, il peut enfin se visiter enfant lui-même. Et ce mot : « Tu n’es pas devenu poète ? Qu’as-tu fait de ta vie alors ? » Il n’a plus qu’à choisir sa mort, être mangé par les poissons entre Porquerolles et Cézanne, et que mon histoire enfin se termine.