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Stages, expositions, résidences
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USPOP contre la cure

154 sonnets visités, inhalés, goûtés, traduits, malaxés, mâchés, remâchés, passés à la moulinette de la traduction, des traductions. William Gosselin s’est saisi des 154 sonnets de W. Shakespeare, traduits par Yves Bonnefoy (Ed. Gallimard) comme il a déjà mordu dans les textes de ou de, le stylo à portée de main, l’esprit tout ouïe.

« Pourquoi les sonnets de Shakespeare ? Ils se sont trouvés sur ma route par hasard. Ils parlaient d’amour et que j’avais besoin de parler d’amour ». Il les prend ces textes déjà transformés, les presse et les détourne à l’envi. Dans un état de contemplation, laisser sourdre les sons, les sens et ne capturer que quelques mots qui affleurent à la surface. Les saisir au bond, tout ou partie. En extraire l’essence sonore et caviarder le reste. Noircir au stylo à bille tout le reste du texte, de façon méthodique et méditative comme on construit un mandala. Non pour le censurer, comme une lettre de soldat, mais pour en faire saillir le caviar, la substance arrachée. Une poésie sonore prend relief, une poésie surréaliste, à lire en tous sens, de haut en bas, de droite ou de gauche. Le texte s’entend. Point de guide pour ces mots qui résonnent ça et là dans la page noircie. Comme il arrache les mots de leur contexte, William Gosselin détoure, découpe, colle, juxtapose et ajuste des figures et des images qui prennent sens. 

Le texte, alors, revient entre les mains de la traduction, désormais dépourvu de son contexte. Les mots retournent à l’anglais d’origine sous la plume d’Isis Olivier, mais l’isolement les transforme. Comme une rumeur, ils sont passés à la moulinette des interprétations, le signifiant et le signifié ont muté dans leur nouvel environnement.

Hélène Gosselin

L'affiche (807.47 Ko)