Pendant les 12 années qu’elle dura, l’Affaire Dreyfus déchira la France, provoquant un véritable séisme dans le monde entier. Un immense scandale, le plus grand sans doute de la fin du XIXème siècle, se mêlent erreur judiciaire, déni de justice et antisémitisme.

Dans J’accuse, vous ne verrez pas de repas de famille qui dégénère parce qu’un convive a lancé le sujet de l’affaire Dreyfus. Le cadre est défini : nous resterons ici dans les arcanes asphyxiants et ténébreux du pouvoir militaire français. Des bureaux glaçants, des cours pavées, des prétoires étouffants… C’est dans cet environnement que le colonel Picquart va décortiquer le complot, au péril de sa propre carrière. Roman Polanski choisit l’angle du thriller politique austère. Dreyfus est cantonné au second plan. On ne voit pas le peuple, on voit peu la foule. Le soin apporté aux cadrages, aux décors, aux costumes, à la lumière, confèrent au film, Lion d’argent au festival de Venise, une puissance étourdissante.