Le collectif des utilisateurs de la filature accueillent Bernard Fléchier.

 

Clown ouvrier malgré tout…

Une échelle, un aspirateur, une ligne blanche à tracer, le clown vient accomplir sa besogne.

Enveloppé, noyé dans ses bleus de travail, il danse son Elvis rockeur. « Je suis l’ouvrier qui rocke le bleu sur les planches de l’industrie ! ».

Bordélique et absurde, ce clown en nez rouge est un râleur convivial, une poésie de l’ouvrier, une filiation avec le clown traditionnel. 

 

J’aime être clown à la frontière du quotidien et de l’absurdité joyeuse. J’aime le ludique, je souhaite donner de l’amusement, de la respiration au sein d’un milieu qui en offre généralement peu. Il y a quelque chose de l’ordre de la provocation, sans doute, mais ce n’est pas pour autant un spectacle militant. Mon clown joue avec les règles tout en s’en libérant. Ici, Il s’apparente à un « râleur convivial ». Ce clown n’a pas d’engagement politique et social fort, c’est un clown-ouvrier, anonyme mais qui porte son étoffe de héros. Un clown-travailleur de l’ombre, de l’invisible. Je souhaite parler de ceux dont on ne veut pas (plus) parler. Et évoquer en filigrane la santé, la mort, l’espoir, la liberté, et les paradoxes du travailleur. Je souhaite partager à travers mon regard de clown ce que je vois, ce que je ressens, et ce que je suis face à cet environnement travail. Je suis ce clown-ouvrier de partage: « il a envie d’ dire » sa folie profonde, sa drôlerie, son absurdité et sa sensibilité remplie de force et de tendresse.