Discours de Henri de Latour le 11 novembre 2019

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En cette occasion, qui est peut-être pour moi la dernière aux fonctions que j’occupe, je voudrais d’abord saluer votre présence et vous dire, comme chaque année que je suis heureux de vous retrouver, heureux de revoir celles et ceux qui accordent à cette commémoration toute l’importance qu’elle mérite.

Votre participation à cette démarche commune revêt, dans le contexte actuel, une grande portée, car elle témoigne de votre engagement citoyen et de votre attachement aux plus hautes valeurs de la République.

 

L'expérience du passé ne vaut que si elle est prise au sérieux par l'avenir. Les leçons de l'Histoire sont les fondations même de l'humanité. Bien sûr, la tâche n'est pas toujours facile mais nos ancêtres qui ont participé à cette longue guerre ne nous ont-ils pas donné l'exemple de ce courage dont il faut faire preuve ?

 

Comme le dirait un ancien président de la république, nous faisons preuve de cécité devant la fragilité de notre monde. Nous sommes tous, de génération en génération, les descendants de ces hommes et ces femmes qui ont combattu, au péril de leur vie, pour sauver notre pays. Ils se sont battus pour notre liberté, toutes les libertés. Qu’en est-il aujourd’hui ? Pouvons-nous garantir un avenir meilleur et plein de liberté à nos enfants ?

D’autres menaces planent. Le changement climatique. La montée des pays populistes et xénophobes. Un siècle après la grande guerre, un nouvel affrontement planétaire est-il inéluctable ?

 

On peut voir en France, l’émergence d’un discours ouvertement raciste. Nous sentons bien que des forces sont à l’œuvre, qui profitent des difficultés du moment pour désigner de nouveaux coupables à la vindicte populaire. Si nous regardons en arrière, il n’est pas nécessaire d’aller bien loin pour comprendre que ces discours racistes et antisémites précèdent toujours les actes. L’affrontement intérieur est-il inévitable ?

 

Ici, à Lasalle, nous serons toujours du côté de l’Être humain. Comme nous l’avons été en accueillant des enfants juifs ou des migrants qui cherchaient un endroit paisible où s’installer.

Jean-Jacques Rousseau a écrit dans Émile ou De l'éducation qu'« Il n'y a point de bonheur sans courage, ni de vertu sans combat. » Alors, je souhaite au nom de la mémoire et au nom de l'avenir que nous soyons tous suffisamment courageux et combatifs pour avoir l'honneur d'être dans l'Histoire ceux qui auront participés à construire ce monde de liberté, d’égalité et de fraternité dont avaient rêvé ces hommes et ces femmes qui ont combattu jusqu'en 1918. Soyons dignes d’eux.