Discours d'Henri de Latour le 11 novembre 2009

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Je crois que cette année, notre mémoire doit aborder de nouvelles contrées car l'année 2008 a vu s'éteindre le dernier des Anciens Combattants, Monsieur Lazare Ponticelli. Avec lui se tourne une page de l'Histoire de la France au cœur d'un séisme à l'échelle mondiale.

L'expérience du passé ne vaut, en effet, que si elle est prise au sérieux par l'avenir. Les leçons de l'Histoire sont les fondations même de l'humanité. Bien sûr, la tâche n'est pas toujours facile mais nos ancêtres qui ont participé à cette longue guerre ne nous ont-ils pas donné l'exemple de ce courage dont il faut faire preuve ? ne nous ont-ils pas montrer de quelle hargne, de quelle vigueur il faut être capable pour triompher ?

Nous faisons preuve de cécité devant la fragilité de notre monde. La crise économique dans laquelle nous sommes montre notre vulnérabilité. Nous devons nous serrer les coudes pour être forts. Nous ne sommes pas à l'abri d'une quelconque déroute. Nous sommes tous, de génération en génération, les descendants de ces hommes et ces femmes qui ont combattu, souvent au péril de leur vie, pour sauver notre pays. Nous leur devons une éternelle reconnaissance pour nous avoir offert ce monde dans lequel nous vivons. Ils se sont battus pour notre liberté, toutes les libertés. Qu’en est-il aujourd’hui ? Pouvons-nous garantir un avenir meilleur et plein de liberté à nos enfants ? Je ne crois pas. J’imagine que personne n’est passé à côté de l’anniversaire de la chute du mur de Berlin. Soit, mais n’était-ce pas là une victoire du libéralisme plus que de la liberté ? Nous ne pouvons nous en contenter. Combien de murs divisent encore le monde ? Visibles ou invisibles, ils se dressent partout.

Aujourd’hui, nos forces armées sont en Irak et en Afghanistan pour apporter la paix et la démocratie.

- Sommes-nous légitimes dans ces interventions alors que l’histoire nous montre que même ici la démocratie est et sera toujours bien fragile.

- Sommes-nous légitimes pour mener ces guerres, lorsque nous organisons sciemment chez nous le fossé qui se creuse entre les riches et les pauvres ? - - Sommes-nous bien légitimes lorsque nos gouvernants utilisent les médias pour soumettre le peuple à un consentement fabriqué ?

 

Pour terminer, je vais citer Jean-Jacques Rousseau qui a écrit dans Emile ou De l'éducation qu' « Il n'y a point de bonheur sans courage, ni de vertu sans combat. » Alors, je souhaite au nom de la mémoire et au nom de l'avenir que nous soyons tous suffisamment courageux et combatifs pour avoir l'honneur d'être dans l'Histoire ceux qui auront fait ce monde de liberté, d’égalité et de fraternité dont avaient rêvé ces hommes et ces femmes qui ont combattu jusqu'en 1918. Soyons dignes d’eux.