Médaille des Justes : cérémonie lasalloise du 24 janvier 2019

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INVITÉS :

  • Madame Anita Mazor ministre près de l’ambassade d’Israël.
  • Madame la Sous-préfète de notre arrondissement Madame Joëlle Gras
  • Madame la colonelle de la circonscription du Vigan
  • Monsieur Mickaël Iancu délégué régional du comité Français Yad Vashem
  • Madame Perla Danan présidente du Conseil représentatif des institutions juives de France
  • Monsieur Raphaël Siboni de l’organisation juive B’nai B’rith
  • Madame Aurélie Genolher conseillère régionale
  • Monsieur Martin Delord conseiller départemental
  • Major Maury de la brigade de Lasalle
  • Et les collègues maires et élus….
  • M. Jack FABARON, représentant René-Louis et Hélène FABARON merci à eux d’avoir sauvé Emanuel dit Manny Stern
  • Mme Michelle ROCHER, descendante d’Odette HOFBAUER. Merci à eux d’avoir sauvé Esther Stern

DISCOURS DE M. LE MAIRE :

La cérémonie à laquelle nous participons aujourd’hui est pour nous tous un moment de fierté, de sérénité et de joie véritable.

 

De sérénité, car en évoquant un passé qui a profondément marqué notre histoire, elle vient nous rappeler que certaines façons de faire s’impriment dans la mémoire au point de rester des repères, des raisons d’agir et d’espérer pour les générations futures.

Ainsi rayonne, par-delà les querelles misérables, ce supplément d’âme qu’on appelle la lumière des Justes.

 

De fierté, car les actuels habitants de nos vallées savent à quel point le comportement de ces aînés-là nous honore, valorise notre histoire, justifie et encourage les combats que nous devons continuer à mener.

Ceux qui les ont connus tiennent à le souligner : loin de reconnaître à leur action un caractère héroïque ou même exemplaire, ils ont considéré que c’était là chose si simple, si naturelle, que cela ne valait même pas la peine d’en parler.

C’était une chose entendue : ils ont accompli le plus simplement du monde, ce qui leur apparaissait comme étant leur devoir.

Leur discrétion était telle que dans de nombreux cas leurs enfants nous ont dit apprendre que très tardivement le rôle que leurs parents avaient joué.

Le moment est venu d’en parler hautement, en ce jour où deux de ces familles font l’objet d’un hommage d’autant plus éclatant qu’il nous vient d’au-delà de nos frontières. D’un hommage qui vient attester que d’autres familles se souviennent, des familles dont les membres vivent à présent à des milliers de kilomètres, soulignant par là même que la grande fraternité humaine doit transcender tous les clivages, toutes les religions et toutes les idéologies.

C’est d’ailleurs un fait que parmi ces résistants de l’ombre, et plus particulièrement sur ces terres, le même esprit de justice et de solidarité a animé des personnes de tous bords, rassemblant, selon la formule dans le poème d’Aragon La rose et le réséda, « celui qui croyait au ciel, et celui qui n’y croyaient pas ».

Oui nous avons besoin de nous souvenir, de penser à ce qu’ils ont incarné, en un temps où l’égocentrisme et la culture du ressentiment, voudraient paraître comme chose naturelle.

Les Justes que nous célébrons aujourd’hui viennent nous rappeler que nous disposons d’un logiciel autrement plus performant, cela s’appelle une conscience.

Et de cela aussi, nous leur sommes reconnaissants.