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REJOINDRE LA PLAINE ?

FAUT-IL APLATIR NOS MONTAGNES ?

 

Le choix que nous avons fait le 15 novembre engage l’avenir sur le long terme.  

L’élargissement du PETR à Piémont Cévenol ouvre plusieurs questions : prendre en compte l’évolution du monde ou continuer à courir après un développement économique ? Aller vers le productivisme ou changer de modèle de développement ? Rester en zone de montagne ou s’agrandir sur la plaine ?

 

UN PETR est un territoire de projets caractérisé par une « cohésion géographique, économique, culturelle ou sociale ».

La taille de ce nouveau territoire qui va de Lanuejols à Lédignan en frôlant le Sommiérois ne permettrait pas de développer une politique cohérente. Quels points communs avons-nous avec la plaine ?

 

La communauté de communes du Piémont a une vocation périurbaine, d’ailleurs le premier choix des élus était de rejoindre Alès. Leur deuxième choix aurait dû être le Sommiérois avec une avancée vers les grands centres urbains.

Grace à un très bon réseau routier, cette communauté de communes bénéficie d’un développement plus « rentable ». Les investissements y sont plus faciles, le nombre de personnes touchées plus grand. La force de cette communauté se structure autour de quatre communes bourgs-centre de plusieurs milliers d’habitants et nous savons que la loi Notre privilégie leur développement. C’est la fameuse théorie du ruissellement : ce qui est bon pour ces petites villes engendre forcément, à la périphérie, d’utiles retombées. Ici à la CAC, nos deux villages les plus peuplés n’ont qu’un peu plus de 1100 habitants… Nos villages ne sont pas des villes en plus petit, ils sont autre chose.

 

Les projets et investissements doivent tenir compte de cette particularité : nous n’avons pas de bourg-centre par contre nous avons des vallées, des villages, des petits territoires qui sont des bassins de vie. Notre développement, si nous le voulons fort et durable, doit intégrer ces contraintes pour en faire un atout en proposant des projets et des investissements adaptés à l’ensemble des basses Cévennes.

Pour l’avenir nous pourrions imaginer, un territoire dans lequel on ne craint plus de tomber malade. Ceci n’est envisageable que par une répartition sur le territoire de petites unités de soins niveau dispensaire. Ce qui ne correspond pas au besoin des villes de Piémont, qui ont besoin d’unités beaucoup plus importantes.

Nous pourrions imaginer développer les énergies douces. Grâce aux avancées technologiques, produire de l’électricité est non seulement à notre portée mais rentable. Nous savons que c’est très bien soutenu par la région et par l’État. Il y a déjà des projets sur notre territoire qui vont dans ce sens. Nous pourrions être exemplaire : dans chaque commune ou bassin de vie nous pourrions produire de l’énergie en quantité suffisante pour être autonome.

 

Bien que petites et inévitablement locales ce genre d’initiatives se multiplient partout dans le monde à un rythme étonnant. Cela s’appelle le mouvement des initiatives de transition initié en Grande Bretagne en 2006. Il compte en 10 ans d’existence, plusieurs milliers d’expériences sur 5 continents. C’est un mouvement apolitique qui part du principe qu’il est temps de changer de mode de développement en exploitant les richesses de nos territoires, sur place.

En faisant parti de ce réseau nous serions en contact avec d’autres expériences dans d’autres pays. On peut imaginer des échanges qui nous permettrait de développer un nouveau tourisme.

 

L’idée est de servir l’avenir en cultivant notre exemplarité, en conservant intacte notre force de proposition, en préservant notre communauté de destin.

Notre devoir d'élus est de participer à la fin des énergies fossiles, responsables des perturbations climatiques, tout en préservant la qualité de vie.

 

L’intercommunalité et le PETR doivent être un lieu d’échange sur des sujets importants comme la santé, la culture, la formation et bien d’autres encore. Mais il faut des hommes pour incarner cette volonté or la taille de ce nouveau PETR ne nous permettra plus d’avoir des discussions sereines entre personnes proches géographiquement qui partagent difficultés et envies. Même s’il n’en porte pas le nom, le PETR est bel et bien une assemblée soumise aux techniciens qui proposeront des projets à la suite d’un bureau d’étude. Les élus n’auront désormais qu’un avis superficiel et ne seront là que pour voter ce qui leur est soumis. C’est l’abandon de la Politique.

 

Ce n’est évident pas de la taille des territoires que dépend la capacité à concevoir un projet de territoire mais c’est de l’envie des acteurs et de leur capacité à rassembler.

Depuis 2014, après les agrandissements de la région, des métropoles et des communautés de communes, nous pouvons constater que les élus régionaux sont injoignables, que la division des compétences entre communautés et communes est difficilement compréhensible par nos concitoyens, que le PETR leur passe radicalement au-dessus… La proposition d’agrandissement auprès de Piémont accentue ce clivage entre « politiques » et citoyens. Personne ne peut avoir un avis pertinent d’un bout à l’autre de cet immense territoire. L’élargissement du PETR c’est l’éloignement des élus.

 

On avait l’occasion de devenir un territoire particulier. On avait l’occasion de rompre avec le destin fatal des territoires abandonnés car pas assez habités aux yeux des technocrates qui ne peuvent raisonner qu’en terme de chiffres. On avait l’occasion de prouver que notre territoire peut se développer autrement. Ce sont les habitants qui créent des richesses. La population exogène a depuis plus de 50 ans un solde positif alors que la population endogène a diminué. Nous avons changé, évolué. Ce que les nouveaux arrivants cherchent est justement ce que nous proposons : la qualité de vie et le bonheur de vivre ici différemment.

 

Nous ne sommes pas les seuls à subir cette situation qui prend sa part de responsabilité dans la défection de la moitié des maires de France pour les prochaines élections.